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13 septembre 2011 2 13 /09 /septembre /2011 15:50

Pétitions... ou répétitions !

Guy. F. ROGER - 13 Septembre 2011

 

Le 10 août 2011 j’étais à Paris quand j’ai reçu un message, bouleversant et triste. Le décès du pasteur Yohann Van Bignot. Ce genre de nouvelle vous surprend toujours, surtout lorsque vous en ignorez les circonstances. Je connaissais le pasteur et en apparence, rien ne laissait présager une fin aussi rapide. Je veux profiter de cette opportunité pour me recueillir sur sa mémoire. Mais l’effet de surprise passé, une foule de souvenirs, liés à l’individu sont montés à mon esprit.

 

Je n’ai pu m’empêcher de replonger dans un passé assez proche où, sa nomination au poste de président de l’Union des Antilles et Guyane Françaises, avait fait grand bruit en Martinique, alors que cette nouvelle avait laissé les frères de Guadeloupe et de Guyane, dans l’indifférence quasi générale. L’individu n’était pas très connu, sauf des administrateurs de l’époque qui avaient souhaité l’avoir à Saint-Martin pour assurer la conduite du district. Cette tentative avait échoué, parce que l’Union Haïtienne, ne tenait pas à le laisser partir tant il était efficace à la tête d’ADRA Haïti. C’était du moins le motif avancé pour le retenir dans l’île dénommée « La perle des Antilles ».

 

En 1996, désormais célèbre, par le lancement en octobre, du vaste programme d’évangélisation par Satellite baptisé « Net 96 », ouvert par Mark Finley, l’histoire retiendra cette levée de bouclier du corps pastoral de la Fédération de la Martinique, contre la nomination de ce pasteur à la présidence de l’UAGF. Une autre histoire de pétition ! Eh oui ! Car il semble désormais acquis que la pétition est l’une des caractéristiques de ce corps d’ouvriers, dont l’identité se confond avec syndicat, rébellion et grève. Ces trois expressions ne sont pas de mon cru, puisqu’elles ont été employées par la direction de la DIA (Division Inter Américaine), à moult reprises entre 1998 et 2004. Cette tendance grégaire, se manifeste inexorablement lorsque le courage individuel fait défaut. Certains y trouvant leur force et leur identité. Ce fut d’ailleurs le cas lors de la nomination hautement contestée du pasteur Julien Régis à la présidence de la Fédération en Novembre 1998. Que s’était-il passé en 1996 ? C’était à Costa Rica, lieu choisi par la Conférence Générale pour son « Annual Council » (Comité de fin d’année). Le pasteur Antoine Oculi, de regrettée mémoire, avait annoncé son départ à la retraite pour le 31 Décembre, et les administrateurs de la DIA, particulièrement le président, étaient en démarches pour lui trouver un remplaçant. Ce n’était apparemment facile, car, plusieurs problèmes se posaient. Selon les dires, le corps d’ouvriers de cette Union, posait quelques soucis, aujourd’hui mieux connus, qui semblaient refroidir la DIA, à l’idée de poursuivre la tentative initiée avec l’ancien secrétaire de l’Union Franco-Haïtienne. Ainsi, la solution envisagée était de faire venir de l’extérieur, quelqu’un qui jouerait le rôle de sparring partner , en attendant que « les pasteurs antillais se forment et murissent davantage » sic. Je ne sais d’où venait cette idée, mais elle semblait bien ancrée dans la tête de bon nombre d’Inter Américains. Quelques jours avant la fin du comité de la CG, lors d’une promenade crépusculaire, j’ai été abordé, par le « chef », sur un possible remplacement de notre président. Cette conversation restera à jamais gravée dans ma mémoire, tant elle renfermait de jalons qui par la suite, marqueront mon parcours à la tête de l'exécutif de l’UAGF de 1997 à 2004.

 

De toute évidence, l’intention était de nommer Van Bignot, mais, toutes les garanties de ne pas le faire étaient avancées comme un somnifère, pour endormir notre vigilance. Les candidats potentiels à l’époque, étaient Max Laurent, Jean-Baptiste Hirep, Alain Cidolit, Angerville Alain. L’hypothèse de faire appel à un étranger, était soigneusement reléguée au second plan dans la catégorie des impossibilités stratégiques, tant la volonté affichée de la DIA était de responsabiliser les ouvriers de l’UAGF. Tout au moins c’est ce qui semblait le plus logique. Mais, la réalité se révèlera toute autre. Le comité de fin d’année de la DIA avait été placé le lendemain de celui de la CG, dans le même hôtel. C’est donc sans grande transition que ses travaux ont commencé. Au menu, nomination. Cette activité s’est donc mise en place après le repas de midi, et a duré toute l’après midi. Le trésorier de l’UAGF de l’époque, le pasteur Alain Cidolit en était membre, et avait été invité à quitter la salle pour faciliter les délibérations sur son nom. Au retour, la surprise était de taille. Du reste ce vote fera date dans les annales de la DIA, car il avait donné lieu à une passe d’armes assez virulente entre certains présidents d’Union et l’administration de la DIA. Contre toute attente, c’est sur le nom de Yohann Van Bignot que l’assemblée était invitée à voter et non à bulletin secret sur une liste, comme on le fait généralement. Le compte des voix était plus que litigieux, les contre semblaient l’avoir emportés, quand soudain, le secrétaire général de la DIA, annonça le contraire. Cette délibération avait soulevé un tollé, dont certains s’en souviennent encore. Quelques jours plus tard c’était au tour des « pétitionnaires » de la Martinique d’entrer en action. Ce fait est intéressant, car il montre la constante dans les réactions de ce groupe d’individus, qui finalement ne fait que reproduire de façon quasi génétique l’attitude des pères fondateurs de la fédération.

Déjà du temps de l’UFH, (Union Franco-Haïtienne), les tendances séparatistes, se manifestaient par des pétitions, mais davantage par des laïcs, soutenus par certains pasteurs, dont pour la plupart il ne reste que la mémoire, mais la pétition comme arme et comme moyen de pression du corps d’ouvrier sera plus souvent utilisée à partir de 1996. Les raisons évoquées étaient à la fois normales pour certaines, vu le contexte de l’époque, et inadmissibles pour d’autres, tant elles transpiraient l’intolérance. Bien plus elles exprimaient, l’ambition de certains, masquée par la voix du groupe. Le leader de l’époque, s’avèrera être le même en 1998, contre la nomination de JR. Je ne crois pas devoir m’attarder sur les détails de cette affaire, car elle véhicule trop de frustrations pour la famille éplorée. Par contre, elle ouvre la voie à une analyse judicieuse sur les comportements des uns et des autres, et à tous les niveaux. Face à la grogne, l’administration de l’UAGF d'alors était restée ferme et sans compromis.

 

Contrairement aux évènements de 2009 où en plus de s’associer à la pétition, l’administration s’est rendue complice, en servant de facteur, à un groupe de 17syndicalistes pastoraux, ayant décidé de façon mensongère d’avoir ma peau. A leur tête, comme par tradition, le secrétaire de l’association pastorale, aujourd’hui secrétaire de Fédération, on peut maintenant comprendre, son zèle, puisque tout ceci se déroulait sur fond d’assemblée générale, donc en campagne électorale. Le groupe qui s’était manifesté en 1996, avait pris ses initiative sans rechercher l’aval, ni la collaboration de l’administration de l’Union. Il était clair, que le souci de cette administration était de maintenir la cohésion de ses champs, et, c’est dans cette optique que des actions avaient été développées, aboutissant au maintient du pasteur Oculi à son poste jusqu’en mars 1997, date de la transition surprise. Ceci fera l’objet d’une autre analyse, mais, si 1996, demeure une date historique, c’est parce que c’est le début d’une nouvelle ère. L’ère de la pétition pastorale en tant que moyen de pression.

 

En novembre 1998, lors du comité de la DIA à Antigue, un fax d’une longueur impressionnante, parvenait à l’hôtel où se tenaient les réunions. A l’époque, j’étais le président de l’Union, héritant de la situation, plutôt mal gérée par la DIA. Mon premier réflexe après avoir constaté qu’environ 17 ouvriers pastoraux, dont certains sont encore très actifs et bien placés, s’étaient réunis pour faire entendre une voix contraire à celle du comité de la fédération, en rejoignant environ 21 ou 23 membres du corps enseignant, dont la diffusion serait intéressante, pour montrer le caractère versatile de certains individus, qui à l’époque n’avaient pas hésité à se liguer contre la nomination de celui qui deviendra ensuite leur « gourou ». Certains d’entre eux, deviendront même ses directeurs de campagne dans leurs églises et ardents agitateurs, dans les cercles de combattants de prière, commués en comité de soutien, « spirituel », ayant à leur tête, le bouillant et non moins pasteur menteur, « LT ». La lecture de ce fax, partagée avec le président de la Conférence Générale, de la DIA et du secrétaire-trésorier de l’UAGF, avait pour but de définir une conduite commune, en vérifiant la conformité des actes du comité de la Fédération avec les statuts de cette dernière, qui prévoyaient entre autres, que la vacance de la présidence, ne donnait pas automatiquement lieu à la convocation d’une assemblée générale, comme le préconisait le fax regroupant les différentes pétitions. De plus, il était convenu lors de cet entretien, que le mieux était de recevoir les pétitionnaires en présence de l’intéressé, qui lors d’un entretien préliminaire, à notre retour en 972, avait préféré rester en retrait. Nous nous étions donc engagés à lui faire un rapport exact des entretiens, ce qui a donné lieu à un compte rendu écrit dont la copie avait été examinée par le comité de la Fédération, et dont je délivrerai bientôt une copie, attestant de la véracité des faits. Du reste nous nous étions acquittés fidèlement de cette tâche, non comme cette récente fourberie orchestrée par ce dirigeant feignant la transparence, soi disant par amitié, mais jouant lui-même au facteur, peut-être dans l’espoir de se faire un nom à défaut de réussir à faire un exemple. De toute façon la félonie n’ouvre pas les portes du paradis, et elle ferme en même temps les portes du cœur.

 

2009, c’est le retour réflexe à ce qui a été institutionnalisé, par la « Charte du pasteur adventiste », de la Martinique, induite par un autre, et illustre secrétaire d’association pastorale, manipulateur patenté et connu plus communément comme « la plume et la conscience » de la Fédération. Cette nouvelle forme d’expression, est pour le moins regrettable, car elle fédère, les sans voix, les sans courage, les sans personnalité, et même les sans idée, pour ne pas dire les sans opinion propre. Certains d’entre eux s’y sont trouvés sans même savoir ou comprendre l’objet de la revendication. Du reste, quelques temps après, ils écrivaient des lettres d’allégeances à l’intéressé visé, peut-être réalisant dans un sursaut de lucidité, à quel point ils pouvaient mettre en péril leur « pain », qu’ils défendent bec et ongles, et ce par tous les moyens. Le plus ridicule de l’histoire c’est de voir leur pseudo soumission et leurs hypocrite sourires de pharisiens démasqués, quand ils vous rencontrent, feignant tout ignorer de la fronde à laquelle ils ont, peut-être inconsciemment participé. C’est à croire qu’ils ont été drogués pour faire de la figuration, à la solde d’un mentor, menteur et perfide. Décidément le mois d’octobre est le mois des pétitions dans ce champ, puisqu’en octobre 2003, un collectif de laïcs « amoureux » de l’œuvre, écrivent cette fois à la Conférence Générale, pour demander le règlement du conflit qu’ils ont alimenté par un chauvinisme communautaire, aveuglés par les limites de leur île, et animés d’un fort penchant pour l’exclusivisme. Cette démarche était ensuite suivie d’une contre pétition venant d’un autre groupe de laïcs, ceux-là assoiffés de justice et de vérité.

 

Que penser finalement de tout cela ? Pas grand-chose de brillant, en tout cas rien de bien sérieux ! Des membres partisans, agacés de ne pas pouvoir donner libre cours à leur fureur assassine, des pasteurs, sans vocation, remplis par l’ambition, lâches et traitres, obligés de se mouvoir en meute pour mieux se faire entendre, et déchirer sans remord, ni culpabilité, les proies qu’ils choisissent au gré de leurs impressions. Sans compter que leur courrier récent, qui sera lui aussi diffusé, est truffé d’inexactitudes volontairement agencées pour produire un alibi crédible, à la méchanceté, d’un chef sans envergure, ambitieux et paresseux. Un dirigeant plein de lui-même, fourbe et ombrageux, jouant au sauveur, au transparent, au facteur, au censeur, et au Super « M ». Ecoutez attentivement les membres parler de lui, et vous comprendrez que super M, ne correspond pas à Super Man, mais à « Super Menteur ». Il faut de toute façon beaucoup de courage pour tuer un animal, apparemment, il en faut beaucoup moins pour tuer un homme. Il en faut peut-être davantage pour aimer! Mais est-ce bien nouveau ?

 

Cette pratique existait déjà dans les temps bibliques. On se souviendra de la pétition de Marie et Aaron contre leur petit frère, Moïse, qui s’était soldée par la lèpre de la sœur aînée. Le complot ourdit par ses frères pour faire mourir Joseph, l’assassinat des frères d’Absalom, entouré de tous ceux qui étaient contre son père. Mais le plus célèbre des cas est la pétition des chefs pharisiens contre Jésus lui-même, réclamant son lynchage. Il y a tout de même une leçon à tirer de l’histoire c’est qu’elle se répète. Les formes sont différentes, mais les mobiles sont les mêmes. La jalousie, l’envie, la médisance la calomnie, ainsi que la haine et l’hypocrisie, sont de la même fratrie. Mais dans tout cela, c’est la vérité qui triomphe ! C’est à croire que c’est une histoire de répétition !

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Published by Tamarin vert
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