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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 03:00

QU’EST-CE QUE LA VERITE ?

 

« Pilate lui dit : Tu es donc roi ? Jésus répondit : Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix.

Pilate lui dit : Qu’est–ce que la vérité ? Après avoir dit cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs, et il leur dit : Je ne trouve aucun crime en lui ». Jean 18 : 37, 38

 

Cette conversation entre Pilate et Jésus ouvre la voie à bon nombre de questions. Jésus ne s’était jamais présenté avant sous cette identité, même si ses disciples y pensaient quotidiennement.

Avoir une place aux côtés du Maître était l’obsession de deux de ses disciples :

« Les fils de Zébédée, Jacques et Jean, s’approchèrent de Jésus, et lui dirent : Maître, nous voudrions que tu fisses pour nous ce que nous te demanderons. Il leur dit : Que voulez–vous que je fasse pour vous ? « Accorde–nous, lui dirent–ils, d’être assis lun à ta droite et l’autre à ta gauche, quand tu seras dans ta gloire. » Marc 10:37 

Marc 10: 35-37 

 

Leur mère nourrissait secrètement cette idée et n’hésita pas à aborder Jésus pour tenter de placer ses enfants, ce qui laisse clairement penser que Le Christ était perçu comme le Messie –Roi.

 

« Alors la mère des fils de Zébédée s’approcha de Jésus avec ses fils, et se prosterna, pour lui faire une demande. Il lui dit : Que veux–tu ? Ordonne, lui dit–elle, que mes deux fils, que voici, soient assis, dans ton royaume, lun à ta droite et l’autre à ta gauche. Matthieu 20:21

 

Au courant de leurs rêves hégémoniques, le Seigneur avait pris la peine de leur rappeler les règles élémentaires de l’ambition chrétienne.

Matthieu 18:1  En ce moment, les disciples s’approchèrent de Jésus, et dirent : Qui donc est le plus grand dans le royaume des cieux ?

Le royaume des cieux a bien un roi ! Jésus. Ses disciples multiplient les tentatives pour obtenir des informations qui pourraient alimenter leur espérance. Jacques et Jean se partageaient sa droite et sa gauche, tandis que les autres inquiets désiraient savoir comment se positionner pour être considéré apte à être en position de privilège. Au verset quatre du même chapitre, la réponse du Christ est implacable.

« C’est pourquoi, quiconque se rendra humble comme ce petit enfant sera le plus grand dans le royaume des cieux. Matthieu 23:11 

« Le plus grand parmi vous sera votre serviteur. » Matthieu 18:4 

 

Pour le moindre disciple, qui aspire à la primature, il faut qu’il soit imbu de sa mission de service. Donc tout cela replace la question de Pilate dans un contexte plus large qui pourrait induire une réflexion plus large, sur le perçu du ministère de Christ.

Mais cette question est plutôt secondaire. La vraie question est dans la réponse de Jésus.

« Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. » Jean 18 : 37

Rien dans la réponse du Seigneur n’est facile à interpréter. « Je suis roi ! ». Voilà donc quelqu’un qui se dit roi, au moment de son arrestation alors que son parcours n’a jamais laissé transparaitre cette ambition. Aucune campagne politique, aucune tentative de déstabilisation de l’occupant romain, ni aucun discours ne pouvait être pointé comme indice de son projet. Son discours, à contre courant des sentiments naturels de ses contemporains, n’ouvraient aucune porte à une campagne électorale.

« Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, » Matthieu 5:44 

 

Cette réflexion du Maître n’encourage aucune velléité de soulèvement. Donc la scène de son arrestation, et les conditions de son jugement, aboutissant à sa condamnation, est époustouflante. Le  reniement de Pierre se justifie. Incroyable ! Il tenté de délivrer son roi, mais il en a été corrigé, par un reproche verbal, renforcé par l’ultime miracle, de l’oreille recollée.

C’est un bien étrange roi ! De plus il répond à cette question, par une affirmation inattendue : « Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. » Jean 18 : 37.

Quelle réponse bizarre ! Il laisse le lecteur sans voix. « Je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité. » On comprend donc le questionnement de Pilate. « Qu’est-ce que la vérité ? » Cette question sonne particulièrement dans la bouche de quelqu’un rompu à la recherche de la vérité, seul guide, pour éclairer son jugement et sceller ses verdicts. Devant le calme et la détermination de Jésus, il ne peut rien dire. Alors il déclare : « Je n’ai trouvé aucun mal en lui ». Ce devrait être suffisant pour le relâcher, car c’était la vérité. Mais contre toute attente, il le fait battre, puis présenté à la foule, il lui demande son avis sur un choix qui aurait dû déboucher en principe sur la délivrance de l’innocent. Mais, la foule assoiffée de sang, sans raison apparente réclame la mort de son bienfaiteur, et le monde entier connaîtra l’histoire du crucifié de Golgotha. Qu’est-ce que la vérité ? Pilate est surpris et doute.

Pour l’homme de la rue, la vérité, c’est la certitude que l’on a raison. C’est ce que l’on peut dire pour se défendre, ou accuser. Pour le professionnel de la justice, la vérité, est très certainement, ce que l’on obtient, paisiblement ou par la violence pour appliquer la loi dans toute sa rigueur à l’encontre de celui qui la viole.

Jésus a donné une définition anthropomorphique de la vérité, dans une conversation singulière à un moment où la dissertation philosophique n’est pas de mise. Thomas qui s’interroge est pragmatique et incrédule. Il veut connaître le chemin qui sera emprunté par Jésus, mais ce dernier précise : « Jésus lui dit : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. » Jean 14 : 6

Cette curieuse réponse, montre bien que la vérité est une personne. Cette personne c’est Jésus, le Christ, le Messie, le Roi ! Mais cette notion échappe à notre entendement. La vérité, est toujours abstraite. Pour bon nombre de gens, la vérité est absolue et justifie toute action, visant à l’établir ou la rétablir, parfois même au détriment de l’homme, de son vécu ou de son histoire. Pour elle on est prêt à tuer, mourir souffrir. Elle semble avoir des vertus curatives. Mais, toute vérité n’est pas bonne à dire, affirment certains épris de sagesse apaisante. Pourquoi ne pas la dire quand on la connait, quand on la détient ? On en a peur, car elle peut blesser, elle peut briser, elle peut même marginaliser.

 

Pourtant c’est encore le Maître qui déclare : « vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous affranchira. » Jean 8:32. Le mot est lâché.  La vérité affranchit ! Ce terme utilisé dans le milieu esclavagiste, montre bien combien ceux qui ne la possèdent pas sont confrontés à un autre état, la liberté. La vérité, libère, elle rend à l’homme sa dignité, sa dimension complète et pour l’obtenir, l’esclave, le prisonnier le brimé, est prêt à tout. Il ne veut et ne peut reculer devant rien. A ce stade la vérité n’est plus suffisante, et le mensonge peut bien faire l’affaire, pourvu qu’elle conduise à la liberté.

Mais, au fait, qu’est-ce que la vérité ? En y réfléchissant bien, elle correspond à la vision limitée de tout individu sur cette terre. Ce qui montre bien que toute vision de l’environnement, peut être assimilée à la vérité, qui est en fait n’est qu’une parcelle de ce que l’on croit. C’est une connaissance insuffisante, mais ô combien satisfaisante, quand elle peut sécuriser nos croyances. La vérité, fait partie d’un système de croyances relatives à la perception de son environnement. Quand elle est appliquée à l’autre, elle devient créatrice d’avenir. Elle s’exprime par la parole. Cette dernière est magie blanche ou noire, car elle est toujours créatrice. En observant les interactions entre les humains, les propos sont comme des sorts jetés aux autres. C’est de la magie noire ! C’est cela la médisance, qui induit la propagation de rumeurs. La médisance est du poison pur, qui pollue les émotions de ceux qui y croient et l’acceptent comme vérité. Pourtant elle est devenue la forme la plus commune et plus pratique de communiquer et nombreux sont ceux qui s’y complaisent et s’y conforment.

Don Miguel Ruiz exprime très bien ce qui se passe quand quelqu’un est aux prises avec la médisance. « Par exemple vous devez démarrer un cours avec un nouveau professeur ; cela fait longtemps que vous vous en réjouissez. Le premier jour, vous croisez quelqu’un ayant suivi ce cours avant vous qui vous dit : Oh, ce prof est un crétin tellement prétentieux ! Il ne connaissait même pas son sujet, et en plus c’est un pervers, alors fais gaffe ! Les mots et le code émotionnel des propos de cette personne s’impriment immédiatement en vous, mais vous n’êtes pas conscient de ce qui l’a poussée à vous parler ainsi. Peut-être est-elle en colère, car elle a échoué à ce cours, ou peut-être prête t- elle à ce professeur des intentions fondées sur la peur et les préjugés. »[1]

Ceci est symptomatique de notre notion de vérité qui découle de notre expérience, de notre histoire et de notre vision.  Cette vérité, qui a pour frontière les bornes de notre environnement n’a rien d’universel, ni d’absolu, car elle se fonde et s’ancre dans notre système de conviction et de croyances, que sont notre éducation, notre religion, notre culture ou même les règles de la société dans laquelle nous vivons. Cette même vérité peut n’avoir aucun sens pour un étranger à notre culture.

Mais quand la vérité est une personne, elle a une réalité physique, historique, absolue. Ce n’est pas un concept, une idée, une opinion, un dogme, une révélation. Elle est réalité ! C’est un mode de vie, une culture incarnée ! C’est pourquoi, le Maître, a déclaré sous la forme d’un reproche : « Vous sondez les Ecritures, parce que vous pensez avoir en elles la vie éternelle : ce sont elles qui rendent témoignage de moi. » Jean 5:39 Eh oui !  Les écritures, parole écrite de Dieu, vérité pour tous les temps, ne sont qu’un témoignage. Alors, la question est pertinente : la vérité conduit-elle à la vie ?

Réponse : « Et vous ne voulez pas venir à moi pour avoir la vie ! » Jean 5 : 40.

 

Alors finalement, qu’est-ce que la vérité humainement parlant ? C’est ce que l’on croit être vrai pour soi. C’est donc le mensonge !  C’est ce que l’on a appris à croire, ou tout simplement ce que l’on croit être vrai pour soi et pas forcément pour l’autre. Paul l’illustre bien : « Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant dépouillés du vieil homme et de ses œuvres », Colossiens 3:9.  Saint Jacques précise : « Mais si vous avez dans votre cœur un zèle amer et un esprit de dispute, ne vous glorifiez pas et ne mentez pas contre la vérité. » Jacques 3:14.

(à suivre)



[1] Don Miguel Ruiz. Les quatre accords Toltèques. Ed. Jouvence, p. 46.

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Published by Tamarin vert
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commentaires

clovis simard 04/11/2010 15:23


Bonjour,

L'esprit a sans doute une histoire, mais il n'y a pas d'histoire de l'esprit.
Vous êtes invité à visiter mon blog (fermaton.over-blog.com), le code d'Einstein. C'est une théorie mathématique de la conscience humaine.

Cordialement

Clovis Simard


Ralph Valleray 21/10/2010 22:12


C...bo !


Ralph Valleray 21/10/2010 22:12


C...bo !


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