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6 mars 2011 7 06 /03 /mars /2011 21:11

LE DROIT DE PARDONNER

Il est toujours surprenant de découvrir les différentes réactions face aux solutions adoptées dans la résolution des crises. Certains cultivent la violence, d’autres l’indifférence et d’autres encore, l’incrédulité.

Et pourtant en aucun cas, la solution ne pourrait être plus grave que l’offense.  Certes, quand il y a offense, il est indéniable que la réparation s’impose. Mais, Que faire, quand rien ne bouge ? Que faire quand le temps alimente et renforce les rancoeurs ?

Jésus en a parlé et exposé une procédure qui jure avec toute logique, et s’oppose à tout sentiment de vengeance, rangeant la colère dans le lot de la méchanceté. J’avoue que cette méthodologie, est plutôt désarmante et fait appel au courage. Mais examinons de près cette méthode déroutante.

« Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux.

21  Vous avez entendu qu’il a été dit aux anciens : Tu ne tueras point ; celui qui tuera mérite d’être puni par les juges.

22  Mais moi, je vous dis que quiconque se met en colère contre son frère mérite d’être puni par les juges ; que celui qui dira à son frère: Raca ! mérite d’être puni par le sanhédrin ; et que celui qui lui dira: Insensé ! mérite d’être puni par le feu de la géhenne.

23  Si donc tu présentes ton offrande à l’autel, et que là tu te souviennes que ton frère a quelque chose contre toi,

24  laisse là ton offrande devant l’autel, et va d’abord te réconcilier avec ton frère ; puis, viens présenter ton offrande. 

25  Accorde-toi promptement avec ton adversaire, pendant que tu es en chemin avec lui, de peur qu’il ne te livre au juge, que le juge ne te livre à l’officier de justice, et que tu ne sois mis en prison. » Matthieu 5 : 20.

On peut imaginer le choc que produisit une telle logique auprès de ses disciples, dont certains voyaient en Jésus le libérateur, le vengeur autorisé, commissionné par la prophétie, pour rétablir le trône de David, mais aussi rendre à la nation sa dignité, en ayant soin de punir dûment l’oppresseur.

Mais à contrario de la coutume, et même de la loi, Jésus contredit de manière magistrale toute logique de revanche.

Mt 5:44  Mais moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent,

Lu 6:27  Mais je vous dis, à vous qui m’écoutez : Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent,

Lu 6:35  Mais aimez vos ennemis, faites du bien, et prêtez sans rien espérer. Et votre récompense sera grande, et vous serez fils du Très-Haut, car il est bon pour les ingrats et pour les méchants. »

En bref, l’identité chrétienne, interdit les représailles, les silences stratégiques, et les guérillas sentimentales. Contrairement à la logique populaire, un différend doit être résolu, par l’offensé et non par l’offenseur. Si tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi… L’initiative de la paix, un privilège de celui qui ressent l’offense.

Tout ceci parait bien beau quand on n’est pas en cause, car, tout ceci parait plus facile à dire qu’à faire. Le statut de victime est extrêmement difficile à assumer, surtout quand on se heurte à l’indifférence de l’oppresseur ; quand on doit affronter l’incompréhension des entourages ; quand les rôles sont inversés par ceux qui préfèrent le silence des victimes, pour protéger des privilèges, des intérêts personnels ou collectifs ; quand tous les efforts pour se faire entendre sont réduits à néant par ceux qui préfèrent se retrouver du côté du plus fort, parce pour ceux là être victime, c’est être coupable. Cette attitude obéit à une étrange conception, qui veut que celui qui réagit a tort.

Mais le Maître explique assez clairement, que la paix a un prix, et ce prix doit être payé par tous. « Laisse ton offrande, et va te réconcilier… » Cette démarche n’est possible, que lorsqu’on n’a rien de grave à se reprocher. C’est bien là le hic ! Rien à se reprocher, ou plutôt, quand on est prêt à reconnaitre ses torts, ou ses manquements. Car dans tous les conflits, il y a une part de responsabilité partagée. Loin d’une culpabilité absolue, la victime, se doit de faire son introspection pour découvrir la faille qui chez lui aurait pu favoriser son ou ses agresseurs. Ceci fait aussi partie du processus de guérison.

Pourtant, celui qui nous encourage au pardon, n’avait rien à se reprocher. Rien qui puisse justifier le traitement qu’il a reçu et dont les conséquences ont été le châtiment suprême de son temps, la crucifixion. Dans cette position, loin de clamer son innocence en proférant des insultes, ou des menaces, il a offert son pardon. Il n’avait pas l’intention, en excusant ses agresseurs de justifier leur comportement ou de légitimer leur méchanceté, mais, en offrant un pardon inconditionnel, il ouvrait la voie de la repentance et du salut à tous ceux qui accepteraient son sacrifice.

Si le salut doit s’obtenir à ce prix, je voudrais être sauvé. Mais, serait-il une faute de vouloir le salut de ceux qui se seraient trompés de voie et qui un jour, qui sait feront marche arrière ?

Guy, Le bon combattant

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Published by Tamarin vert
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commentaires

Ralph Valleray 26/03/2011 17:17


Pasteyr Guy Roger DOIT demander pardon au pasteur Arley Sésame; vOIR MON BLOG.


Guy 26/03/2011 00:22


C'est curieux! Il vaut mieux ne pas rencontrer certaines personnes... de peur d'être pardonné!!!


Goerges 26/03/2011 00:18


C'est très pertinent! Heureusement qu'il dit: "A moi la vengeance,à moi la rétribution!".
Il dit aussi "pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aux autres leurs offenses". C'est une question de point de vue... Le chemin est long à parcourir...
Comment aimer ses ennemis? Il faudrait le demander à Jésus!!!


manon 25/03/2011 22:38


Elle avait quatre ans quand son père la violait dans son petit lit rose, lui brûlait la cuisse avec sa cigarette. Elle en a la marque sur sa peau à 30 ans...
"responsabilité partagée"?
Au fait, le père a une "identité chrétienne"...
Recherchez je vous prie les versets qui nous parlent de l'offenseur et de la manière dont Dieu lui parle.
Des générations de pasteurs ont enseigné aux gens dans les églises que le problème n'est pas l'offense, mais l'offensé qui ne se tait pas et refuse de pardonner.
Et l'Eglise est devenue elle même une offense à la face du Dieu vivant, une offense au droit à être humain et considéré comme tel.

Votre propos est une offense au simple bon sens, qui vous le pardonnera?
Mais au fait, c'est mon problème? Si je me sens offensée,je n'ai qu'à vous pardonner?


Ralph Valleray 25/03/2011 01:04


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